Du commerce extérieur de la France en 1846 par Charles Coquelin

August 17, 2019

Du commerce extérieur de la France en 1846 par Charles  Coquelin

Titre de livre: Du commerce extérieur de la France en 1846

Auteur: Charles Coquelin

Broché: 31 pages

Date de sortie: February 11, 2018

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Charles Coquelin avec Du commerce extérieur de la France en 1846

Mais d’abord jusqu’à quel point peut-on s’en rapporter aux relevés présentés par la douane ? Quelle confiance méritent ces tableaux de chiffres, en apparence si rigoureux et si précis ?

C’est une justice à rendre à l’administration, qu’elle apporte dans l’exécution de sa tache un soin consciencieux. Ces tableaux du commerce extérieur, qui forment depuis long-temps un beau travail, n’ont guère cessé de s’améliorer tous les ans. Ils sont à la fois plus circonstanciés qu’ils ne l’étaient, distribués dans un meilleur ordre et plus complets. Les chiffres y sont groupés de diverses manières, avec une attention souvent fort délicate, qui épargne au lecteur la peine de rapprocher pour comparer. Quant à la sincérité des calculs, elle ne saurait être mise en doute. Avec cela, il s’en faut bien qu’on doive en accepter les résultats d’une manière absolue et sans réserve, ni qu’on puisse en tirer toutes les vérités utiles que de semblables tableaux paraissent renfermer. C’est qu’il s’y trouve, outre des lacunes inévitables, de graves inexactitudes, qui naissent ou de la difficulté des évaluations ou du système vicieux qu’on y observe.

Une partie des marchandises importées en France échappe d’abord par la contrebande à l’œil vigilant de la douane, qui ne peut en conséquence la faire entrer dans ses calculs. L’administration s’efforce quelquefois, il est vrai, d’estimer approximativement la somme des valeurs ainsi dérobées à son contrôle ; mais elle ne fait cette estimation que par conjecture, par hypothèse, et il s’en faut bien qu’on puisse accepter ses chiffres comme exacts. Quoique l’exportation donne aussi parfois quelque ouverture à la fraude, c’est surtout sur l’importation qu’elle s’exerce, et c’est là par conséquent que les lacunes des relevés doivent être fortes. Ainsi, les résultats généraux sont en ce point entachés d’erreur, et, de plus, l’équilibre entre l’importation et l’exportation, si tant est que cet équilibre doive exister, est détruit.

Pour les marchandises déclarées à la douane, les évaluations ne sont guère moins fautives. A cet égard, l’administration est obligée de s’en rapporter en général à des estimations une fois faites, estimations qui n’ont peut-être jamais été parfaitement exactes, et qui, demeurant fixes, alors que toutes les valeurs réelles sont variables, sont devenues nécessairement fausses avec le temps. C’est le tarif arrêté par une ordonnance de 1826 qui sert encore de règle et que l’administration prend tous les ans pour base de ses calculs. Combien de fois, et dans quelle mesure, les valeurs des choses n’ont-elles pas changé depuis cette époque, quelques-unes en plus, la plupart en moins ! Il est bien vrai, d’ailleurs, que, pour un grand nombre de marchandises, l’estimation officielle n’a été juste en aucun temps.

Prenons pour exemple l’un des plus importans de nos produits agricoles, les vins. Dans les états de la douane, ceux de nos vins qui sont expédiés par la frontière du sud-est, pour la Sardaigne ou pour la Suisse, sont portés en compte à raison de 20 et 21 centimes le litre. Qui croira jamais, que la masse des vins exportés de France pour ces deux pays ait pu, depuis 1826, ressortir à un tel prix ? On en trouve à ce taux dans les campagnes du midi de la France et même à un taux plus bas ; mais ils sont en général consommés sur place et ne s’exportent guère, même pour un pays voisin. Quant aux vins expédiés en Belgique et en Angleterre, ils sont estimés en masse, pour le premier de ces pays, à W centimes le litre, et pour le second à 1 franc 68 centimes, estimations qui, bien que fort supérieures à la précédente, paraîtront encore au-dessous des prix réels, si l’on considère que la Belgique, où le vin est en général une boisson de luxe, n’en consomme guère de médiocre, et que l’Angleterre, où ce produit est en outre frappé de droits exorbitants, s’attache exclusivement à nos meilleurs crûs.